COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Mardi 20 janvier 2026 : Enquête Publique concernant le dossier du Décret d’Autorisation de Création des 2 EPR2 à Penly (76)

EPR2 de Penly : un passage en force antidémocratique orchestré par l’État et EDF

Nous avons appris le 30 octobre 2025, lors d’une Commission Technique de la CLIN Paluel-Penly, que l’Enquête d’Utilité Publique relative à la création de deux nouveaux réacteurs EPR2 à Penly se tiendrait du 22 janvier au 4 mars 2026 sur un périmètre réduit à 10 kilomètres.

Cette annonce a suscité une vive inquiétude et une profonde indignation.

Face à nos interrogations légitimes, le représentant d’EDF a invoqué le prétendu « respect du rétroplanning », visant une délivrance du DAC fin 2026. Cette justification a été reprise sans distance critique par le préfet dans son courrier du 18 décembre 2025, en réponse aux alertes formulées par le président de la CLIN* et plusieurs associations du collège associatif.

Nous dénonçons fermement les conditions de cette enquête :

  • pour sa durée insuffisante,
  • pour un périmètre arbitrairement restreint à 10 km,
  • pour son calendrier imposé en plein télescopage avec les élections municipales,
  • et avec un dossier technique de plus de 13 000 pages, pratiquement inexploitable pour les élus et les citoyens dans un délai aussi contraint.

 

Tout concourt à vider cette enquête de sa substance consultative, participative et démocratique.

Un périmètre d’enquête arbitrairement restreint, en totale incohérence avec les risques

Le périmètre retenu pour l’enquête publique — 10 kilomètres autour du site de Penly — est non seulement arbitraire, mais profondément incohérent au regard des risques encourus. Il est en effet deux fois inférieur à celui du Plan Particulier d’Intervention (PPI), fixé à 20 kilomètres, qui définit pourtant la zone officiellement reconnue par l’État comme susceptible d’être impactée en cas d’accident nucléaire. Comment justifier que l’on reconnaisse un périmètre de danger de 20 km pour la gestion de crise, tout en limitant à 10 km le périmètre dans lequel les citoyens sont informés et consultés ?

Elle confirme au contraire la volonté d’expédier la consultation, d’en limiter la portée politique et d’imposer un projet nucléaire majeur en contournant ceux qui en subiront les conséquences.

Nous exigeons que le périmètre de l’enquête publique soit au minimum aligné sur celui du PPI.

Quand l’État et EDF sabotent délibérément le moment démocratique.

L’alignement docile de la Préfecture sur les intérêts d’EDF — entreprise pourtant nationalisée et lourdement endettée, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes — constitue un signal extrêmement préoccupant pour la démocratie. Il révèle une complicité assumée entre l’État et l’opérateur nucléaire pour expédier, voire liquider, un moment essentiel de participation du public autour d’un projet dont les impacts environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux s’imposeront à la population de la région de Dieppe et de toute la Normandie et de sa voisine, la Picardie jusqu’au siècle prochain.

Le choix du calendrier n’a rien de neutre. L’enquête d’utilité publique précède immédiatement les élections municipales et chevauche la période dite de “réserve”, durant laquelle les élus sont contraints à une expression publique limitée. Or plusieurs d’entre eux siègent à la CLIN Paluel-Penly. Cette situation réduit mécaniquement la liberté de parole, affaiblit le débat démocratique et transforme l’enquête publique en simple formalité administrative.

Or, l’enquête publique n’est pas une simple formalité administrative : elle constitue un temps d’information, de compréhension et de consultation du public. Elle est même censée garantir le droit fondamental à l’information. Or ce moment de participation est ici volontairement comprimé, au mépris des citoyens.

Nous demandons donc le report de cette enquête publique après les élections municipales, une fois les nouveaux élus installés au sein de leur collège à la CLIN. Il est pour le moins absurde — et profondément irrespectueux — de solliciter l’avis de maires dont certains seront démissionnaires ou non réélus dans les semaines suivantes. À l’inverse, il est démocratiquement indispensable de travailler avec des élus nouvellement mandatés, qui auront la responsabilité de gérer, pendant des décennies, un territoire durablement impacté par l’implantation des deux EPR2.

Ce choix de calendrier confirme une stratégie bien connue du lobby nucléaire : sabrer le temps du débat, négliger la parole citoyenne, et imposer le projet par épuisement démocratique. Tout cela alors même que la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), censée encadrer et donner une cohérence aux choix énergétiques nationaux, n’est toujours pas votée. L’État et EDF préfèrent ainsi avancer en force, en court-circuitant à la fois les citoyens, les élus locaux et le cadre démocratique lui-même aussi restreint soit-il.

Ce n’est plus une consultation : c’est une mise en scène.

L’État et EDF ne cherchent pas l’avis des citoyens, ils cherchent à pouvoir prétendre l’avoir demandé.

Une décision préfectorale aux effets durables et déjà là sur le territoire de Dieppe

Ce passage en force n’est pas anecdotique. Il s’inscrit dans une dérive politique plus large, où les grands projets industriels sont imposés par en haut, au nom de l’urgence, de la compétitivité ou de l’« intérêt supérieur », sans réel contre-pouvoir citoyen. À force de banaliser ces méthodes, l’État contribue à installer une forme d’autoritarisme technocratique, où la décision précède le débat, et où la participation du public n’est plus qu’un alibi.
Les conséquences sont graves. En piétinant la démocratie environnementale, on alimente la défiance, le désengagement citoyen, et la conviction que les décisions majeures se prennent hors de tout contrôle démocratique. C’est ainsi que l’on affaiblit durablement la vie démocratique du pays, en donnant le sentiment que l’État gouverne contre les citoyens, et non avec eux.

* CLIN : Commission Locale d’Information sur le Nucléaire

Stop-EPR, ni à Penly ni ailleurs

06 70 90 37 88

Antinuke Dieppe

06 28 20 43 42

UFC Que choisir Rouen

06 76 73 87 36

Collectif Anti Nucléaire Ouest

07 68 35 03 38

A Rouen « Contre la relance du nucléaire », nous étions plus de 1 000 !

Ce week-end du 12 octobre 2024, une bonne partie des militants antinucléaires de France s’étaient donnés rendez-vous à Rouen (Normandie) sur les bords de Seine du centre de la ville pour manifester leur opposition contre la relance du programme électro-nucléaire français. Environ 1 000 personnes ont participé aux festivités marquées par des expositions dans les stands, des prises de paroles, des spectacles théâtraux et musicaux.

Des représentants de divers groupes politiques (Les écologistes, LFI, NPA), députés de l’assemblée nationale M. Laisnay (LFI), J. Laernoës (Les écologistes)  et associatifs  ont pu s’exprimer sur ce projet de relance du nucléaire, ainsi que sur la restructuration des autorités de surveillance et de sûreté nucléaire (ASN, IRSN) et les divers projet en cours avec notamment CIGEO et l’enfouissement des déchets nucléaires (Meuse), le projets de piscines supplémentaires de stockage à la Hague (Manche). 

Le samedi après-midi  fût marqué par une grande déambulation dans la ville, heureusement sous une pluie fine. La météo normande n’a pas failli à sa réputation. Toutefois le dimanche matin, sur la plage de Saint Martin en Campagne, les éclaircies et une mer apaisée a rendu le rassemblement devant la Centrale de Penly fort  agréable, sous le regard inquiet de la marée chaussée. 

Là où doivent commencer les travaux de destruction de la falaise pour nous imposer les deux nouveaux réacteurs de type EPR2, un hommage a été rendu par les militants et Mathilde Pannot (représentante LFI à l’assemblée nationale), Christine Poupin (Porte parole NPA) et Frédéric Weiz (élu écologiste  dieppois) à Gilles Reynaud, défenseur des droits des salariés de la sous-traitance du nucléaire décédé le 8 octobre dernier.  

Village sur les bords de Seine, en centre ville de Rouen

Village associatif, bors de Seine à Rouen Exposition sur le nucléaire militaire

 

Prises de paroles, Collectif Stop EPR ni à Penly ni ailleurs, Maxime Laisney (LFI), Julie Laernoës (Les écologistes), Christine Poupin (NPA)

Prise de parole SENPNA Prise de parole M Laisney (LFI) Prise de parole Julie Loernoës

 

Déambulation dans la ville de Rouen

Le dimanche matin, rassemblement sur la plage de Saint Martin en Campagne

   

 

La pensée d’Olivier Hamant sur le nucléaire

Olivier Hamant, à l’observation du vivant, a développé le concept de robustesse, seul rempart au basculement de nos sociétés régies par le culte de la performance, prédit par le rapport Meadows de 1972. Le nucléaire, issu de l’industrie militaire, répond de cette logique prométhéenne du Citius, Altius, Fortius dont l’obstacle principal reste la déplétion des ressources.

Pas de centrales nucléaires dans un monde fluctuant

En prenant l’exemple de la centrale ukrainienne de Zaporijia, Olivier Hamant démontre en quoi l’accident d’une centrale nucléaire constituerait une catastrophe.

Les cadavres technologiques : du sarcophage au technophage

Le site d’Onkalo en Finlande (on pourrait aussi parler de Bures en France), mais aussi la construction du sarcophage de Tchernobyl sont devenus des cadavres technologiques.

A lire, regarder ou écouter

La mesure de l’exposition à la radioactivité

Disons qu’il s’agit à la fois d’une curiosité et d’une interrogation.

En observant la carte du Réseau National de Mesures de la radioactivité de l’environnement, vous pourrez constater l’absence de sondes à l’intérieur d’un triangle Envermeu – Eu – Blangy-sur-Bresle relatives à la radioactivité présente dans l’air que nous respirons.

La mesure de l'exposition à la radioactivité

En téléchargeant les données collectées sur Envermeu, vous pourrez y constater une dose d’exposition aux radionucléides bien plus importante qu’ailleurs, très précisément de 101 nanosievert par heure en moyenne de mars 2015 à aujourd’hui, soit une dose annuelle 0.88 mSv. A titre de comparaison, la dose n’était que de 0.5 mSv au niveau de la ville d’Évreux sur la même période. Pour rappel, la limite en milieu « naturel » hors examens médicaux est fixée à 1 mSv par an. A quoi faut-il imputer cette surexposition à la radioactivité des habitants de la commune d’Envermeu ? Qu’en serait-il demain pour les « riverains » si le sinistre projet de construction de deux EPR à Penly voyait le jour ?

 

Expérimentation du MOX sur Paluel 4 en cours

Pastilles de combustible nucléaire

Le MOX est un combustible composé d’uranium appauvri provenant du combustible usagé de nos centrales – actuellement retraité en Russie – et du plutonium venant de la Hague. C’est en France, dans l’usine Melox d’Orano (ex-Areva) à côté du site nucléaire de Marcoule, que les assemblages de combustible sont actuellement effectués. Il est actuellement utilisé à hauteur de 30% dans les réacteurs à eau pressurisée 900 MW des centrales nucléaires de :

  • Dampierre,
  • Gravelines,
  • Blayais,
  • Tricastin,
  • Chinon,
  • Saint-Laurent

Le souci du MOX est sa très forte radiotoxicité et la lenteur à se refroidir par rapport à de l’uranium naturel enrichi. Depuis 1987, EDF a décidé de le déployer dans les réacteurs à eau pressurisée de 900 MW, à l’exception notoire de ceux du Cruas. L’opérateur français du nucléaire est en train d’expérimenter l’usage du MOX, en ce moment, au niveau du réacteur n°4 de Paluel.

L’émergence de l’EPR ne doit rien au hasard pur dans la perspective de la déplétion de la ressource en uranium naturel. Contrairement aux États-Unis, EDF annonce pouvoir utiliser 100% de MOX dans ces réacteurs de nouvelle génération, notamment sur le site de Flamanville, où l’EPR est dans la pétole la plus totale.

Les risques inhérents à l’usage du MOX posent la question de l’émission plus importante de radionucléides rejetés régulièrement dans l’atmosphère. Les dernières données issues de l’IRSN – datant de 2017 – indiquaient le rejet dans l’atmosphère de 4.4 TBq par an pour les 6 réacteurs de Paluel et de Penly réunies (1). A titre de comparaison, la catastrophe nucléaire de Kychtym en septembre  1957 a rejeté dans l’atmosphère 74 TBq. Autrement dit, en ajoutant deux réacteurs à Penly, les 8 réacteurs recracheront dans l’atmosphère, en 12 années d’exploitation environ, la totalité des radionucléides de l’accident de Kychtym.

Source : rapport de l’IRSN de 2021 s’appuyant sur des données d’EDF de 2017

37 listes pour les Européennes et combien pour la sortie du nucléaire ?

Les antinucléaires ne voteront certainement pas aux prochaines élections européennes du 9 juin ni pour les listes des partis de droite, d’extrême-droite, du PS, du PCF, de Lutte Ouvrière, de Georges Kuzmanovic, tous pro-nucléaires.

37 listes pour les Européennes : combien de projets politiques antinucléaires ?

Les faux écologistes

La grande nouveauté est la triangulation de l’écologie politique faite par des partis qui revendiquent, haut et fort, leur désir de nucléaire comme cette Marine Cholley du Parti Equinoxe, ou encore Yann Werhling, cet ancien militant vert devenu pro-nucléariste. Évitons de parler de Governatori, plus proche de Brigitte Bardot que de nos combats en faveur des énergies renouvelables et des éoliennes. Difficile de savoir ce que pense Michel Simonin, tête de liste pour « Paix et décroissance » !

Et à gauche…

Les seules listes qui affichent clairement leur opposition au nucléaire sont celles d’EELV, de LFI, du NPA, des Décroissants. Pas un mot sur le nucléaire du Parti des Travailleurs ou de l’Association Nationale des Capitalistes ou du Parti Révolutionnaire Communistes ou  du Parti Animaliste : ils auront juste oublié d’en parler. Quant à Nouvelle Donne, la sortie du nucléaire est repoussée à la Saint-Glinglin.

Le 9 juin, nous saurons pour qui voter, à moins que nous allions à la pêche ou boire un bon coup de blanc.

 

Nucléaire : la force du prévisible

Nucléaire : la force du prévisible

Paul Virilio nous avait expliqué que toute technologie engendrait, de manière endogène, sa catastrophe : l’avion, le crash aérien ; le train, le déraillement ; le nucléaire, des cancers, des populations déplacées et des zones devenues inhabitables. Si les velléités du gouvernement français venaient à ce que la France soit équipée de 70 réacteurs nucléaires (56+14), alors nous serions, après la Corée du Sud et la Belgique qui a annoncé sa sortie du nucléaire, le pays le plus nucléarisé au monde avec 1 réacteur pour 9600 km2.

Si la pédagogie de la catastrophe après Fukushima aura permis à l’Allemagne de sortir du nucléaire, en France, nous continuons d’investir des milliards à fonds perdus dans une technologie qui relève de Jurassic Park. Depuis 1990, nous tapons dans les stocks d’uranium militaire pour faire face à la demande du nucléaire civil. Contraints à réutiliser le combustible usagé, retraité à Seversk en Russie, nous stockons le MOX dans les piscines où le bore utilisé dans les assemblages nous évite de nouvelles réactions en chaîne. Sommes-nous bien sûr dans 15 ans de disposer de stocks d’uranium naturel ou retraité, accessoirement de bore, pour faire fonctionner nos 70 futurs réacteurs ?

La seule enquête épidémiologique dont nous disposons à ce jour concerne l’étude de 1997 des docteurs Vieil et Pobel sur un taux de leucémie chez les enfants 2,8 fois supérieur à la normal, dans un périmètre de 35 kilomètres autour de la Hague. Où sont les études par rapport aux dégazages de radionucléides autour des centrales normandes de Penly, Paluel et Flamanville ?

Les alternatives au nucléaire existent. L’éolien, le solaire, l’hydrolien, les batteries gravitaires et les STEP, la géothermie, l’hydrogène blanc, la sobriété énergétique par le développement des transports collectifs et l’isolation des logements constituent la seule réponse de long terme pour faire face à la transition écologique et la nécessaire décarbonation de l’humanité. En mobilisant tout l’argent du public sur le nucléaire, nous faisons un choix mortifère pour les générations futures, alors que nous ne savons toujours pas démanteler la centrale de Brennilis, arrêtée depuis 1985.

Signez la pétition « Zéro Watt pour la pub »

L’une des clés de la sortie du nucléaire est de consommer le moins d’électricité possible, par un programme de renforcement de l’isolation des logements et des bâtiments collectifs. La sobriété énergétique, c’est aussi en finir avec la publicité lumineuse qui pollue et défigure nos centres villes très inutilement.

Stop EPR Ni à Penly Ni Ailleurs tient à s’associer au collectif Zéro Watt Pour La Pub ( Agir pour l’environnement, Attac, Extinction Rebellion, France Nature Environnement, Greenpeace France, Les Amis de la Terre, Ligue pour la Protection des oiseaux, Naturalistes des Terres, Paysages de France, Résistance à l’Agression Publicitaire, Sites & Monuments) à l’origine de la pétition « Zéro Watt pour la pub ».

Zéro Watt pour la Pub

Commémoration des 38 ans de la catastrophe de Tchernobyl

Cela fait 38 ans et bien plus encore que, pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, l’homme n’a jamais su gérer l’énergie nucléaire, les contaminations des populations, les déchets. L’atome relève du délire prométhéen, d’un homme surpuissant, simple plagiat de Bob le Bricoleur.

La réalité est tout autre. La liste est longue des catastrophes qui ont endeuillé le nucléaire civil :

Au Blayais, l’inondation de 1999 aurait pu provoquer un accident de grande ampleur.

La coordination antinucléaire a recensé les différentes manifestations en région commémorant, à leur façon, les 38 années de la catastrophe de Tchernobyl à partir du 25 avril :